Le Complexe de la sorcière, Isabelle Sorente

Editions Folio, 2021, 320 pages, 7€ 60.

Présentation de l’éditeur :

« Même si votre ancêtre n’a pas été brûlée, vous pouvez être sûr qu’elle a vécu dans la terreur. La sorcière vous regarde, cela n’a rien de surnaturel. C’est européen. » Isabelle Sorente est hantée par une image, celle d’une femme au crâne rasé, attendant sa condamnation. Qui est-elle ? De quoi s’est-elle rendue coupable ? Dans une enquête mêlant récit historique et intime, la romancière nous entraîne sur les traces des sorcières, ces milliers de femmes pourchassées et tuées, soupçonnées d’avoir conclu un pacte avec le diable. Loin d’appartenir au passé, la sorcière est semblable à un secret de famille : s’en approcher, c’est faire surgir des souvenirs enfouis. »

C’est une livre assez difficile à suivre si l’on n’est pas, ce qui est mon cas, convaincue par la psychanalyse et sa nécessité. De plus, j’ai souvent été gênée par les préoccupations de l’auteur narrateur et de ses amies, qui évoluent dans un milieu très bourgeois, argenté donc privilégié. Leurs problèmes d’identité féminine me paraissent à des années lumière de celles de la majorité des françaises qui occupent des emplois (forcés) alimentaires, jonglent avec la gestion des transports, l’éducation des enfants , les fins de mois difficiles etc.

Cela dit, Sorente m’a intéressée par plusieurs aspects: tout d’abord son adolescence d’élève harcelée, sa souffrance muette, ses relations avec des parents aimants mais aussi, le lien qu’elle tisse entre cette sorcière qui s’impose dans ses rêves et son passé ou plutôt le passé de tant de femmes brisées par les diverses chasses aux sorcières durant deux siècles. Les théories de la psycho généalogie qu’elle évoque sont aussi instructives.

Le livre m’a tout de même souvent lassée pour les raisons dites plus haut . Dans un contexte où le féminisme englobe aujourd’hui tout et n’importe quoi (au secours Beauvoir ! ), je pense, et cela n’engage que moi, que la grande majorité des femmes ne peuvent se reconnaître dans les préoccupations qu’évoquent le récit de Sorente , en dehors du harcelement. Si elles éprouvent de la peur, de la terreur , c’est plutôt celle de subir des brutalités physiques ou morales, de ne pas trouver ou de perdre un emploi, de supporter le quotidien sans perspectives d’avenir et de ne pouvoir offrir un avenir à leurs enfants.

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