Biographie de la faim, Amélie Nothomb

192 pages, Editions Le Livre de Poche , 6€ 40, 2006.

La lecture de Premier sang, Amélie Nothomb , justement récompensé par le Prix Renaudot, m’avait donné envie de mieux connaître la vie de Nothomb lorsque son père était ambassadeur tout d’abord au Japon, puis en Chine, à New-York et au Bengladesh. La narratrice retrace donc son enfance dans ces pays -on connaît son amour pour le Japon- et cette terrible « faim » qui domine ses jeunes années. Faim de tout en somme, de connaissances , des gens, de sucreries, de langues, de dictionnaires ou Atlas. Il va sans dire qu’elle fut une enfant précoce même si, à aucun moment, elle ne le présente ainsi.

On se délecte de son goût de la formule, du mot rare sans aucun pédantisme, de situations cocasses où elle s’enivre avec sa sœur en vidant les verres du gratin de la diplomatie dans les cocktails, de son amour absolu pour Juliette, sa sœur aînée. L’enfant avide et joyeuse grandit et, bien qu’elle décrive aussi des événements dramatiques , on ne croise aucun apitoiement, aucun pathos. Même pour évoquer le viol qu’elle subit à onze ans sur une plage du Bengladesh, Nothomb écrit laconiquement : « La vie devient moins bien. » S’ensuit une terrible anorexie, des années douloureuses.

Cet art de se tenir à distance d’elle-même, cette pudeur, l’humour pour dire l’indicible, m’enchantent. La langue écrite est belle, efficace sans développements inutiles. Nothomb est une valeur sûre.

Présentation de l’éditeur :

« L’auteur de Stupeur et tremblements et de Métaphysique des tubes fait revivre ses souvenirs de petite enfance au Japon mais aussi à Pékin, à New York, au Bangladesh et autres lieux où l’a conduite la carrière d’un père diplomate.
Au coeur du kaléidoscope : sa faim. Le mystère de la faim, la faim goinfre, joyeuse ou tragique et angoissante, quête perpétuelle d’un accomplissement inaccessible, qui explique autant l’histoire des peuples que celle des individus.
Les figures du père, d’une nourrice japonaise, d’une sœur tendrement aimée se dessinent aussi dans ce récit pudique et sincère, maniant l’humour noir et la provocation. »

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