La plus secrète mémoire des hommes, Mohamed MBougar Sarr

#rentreelitteraire2021

Lu sur Kindle , Editions Philippe Rey, août 2021, 14€99, 448 pages.

J’ai une affection particulière pour les écrivains francophones qui nous honorent en écrivant dans notre langue, et tout particulièrement pour les auteurs sénégalais dont je connais le pays. Aussi, après avoir lu des critiques élogieuses, je me suis plongée avec plaisir dans ce roman.

Le livre refermé, je reste mitigée. J’ai, en premier lieu aimé le style de l’auteur qui écrit une belle langue vigoureuse. J’ai aussi apprécié l’histoire de ce jeune écrivain , Diégane Latyr Faye qui part à la recherche d’un autre écrivain sénégalais, auteur d’un seul livre, Le Labyrinthe de l’inhumain, publié en 1938, dont il pense que c’est un chef-d’œuvre absolu. On baigne dans le monde des artistes africains à Paris, dans leurs discussions sans fin sur l’art ou leur place en Occident. Le roman raconte donc la quête longue et souvent passionnante, à travers plusieurs continents, pour retrouver sa trace. C’est un ouvrage qui réfléchit au processus de la création littéraire et son sens mais aussi, tout comme l’a fait Léopold Sédar Senghor bien avant lui, il évoque la double culture, la double identité de ceux qui ne rejettent pas l’héritage artistique de l’Occident, tout en l’enrichissant de leur culture. MBougar Sarr lui rend un vibrant hommage et dans les passages où il fait revivre des légendes africaines, il s’impose comme un grand conteur.

C’est aussi, selon les personnages, la critique du colonialisme, les horreurs des deux guerres mais aussi la violence qui règne en Afrique, la révolte des jeunes Sénégalais pour une société plus juste.

Autant j’ai pu apprécié la trame du roman et sa construction astucieuse, autant j’ai été lassée par la logorrhée d’une Siga D. ou de certains personnages qui, sur plusieurs pages, déversent un flot de mots hyperboliques jusqu’à noyer le lecteur. Enfin, j’ai carrément eu du mal à terminer ce livre. Il a fallu le retour au village natal et l’issue de la quête pour que l’intérêt se réveille.

C’est donc un livre qui par beaucoup d’aspects est réussi mais qui aurait gagné, à mon sens, à élaguer de nombreuses lourdeurs ou clichés, voire un certain pédantisme, et être à l’image de T. C. Elimane, l’auteur énigmatique d’un seul chef-d’œuvre, plus concis.

Présentation de l’éditeur :

« En 2018, Diégane Latyr Faye, jeune écrivain sénégalais, découvre à Paris un livre mythique, paru en 1938 : Le Labyrinthe de l’inhumain. On a perdu la trace de son auteur, qualifié en son temps de  » Rimbaud nègre « , depuis le scandale que déclencha la parution de son texte. Diégane s’engage alors, fasciné, sur la piste du mystérieux T. C. Elimane, où il affronte les grandes tragédies que sont le colonialisme ou la Shoah. Du Sénégal à la France en passant par l’Argentine, quelle vérité l’attend au centre de ce labyrinthe ?
Sans jamais perdre le fil de cette quête qui l’accapare, Diégane, à Paris, fréquente un groupe de jeunes auteurs africains : tous s’observent, discutent, boivent, font beaucoup l’amour, et s’interrogent sur la nécessité de la création à partir de l’exil. Il va surtout s’attacher à deux femmes : la sulfureuse Siga, détentrice de secrets, et la fugace photojournaliste Aïda…
D’une perpétuelle inventivité, La plus secrète mémoire des hommes est un roman étourdissant, dominé par l’exigence du choix entre l’écriture et la vie, ou encore par le désir de dépasser
la question du face-à-face entre Afrique et Occident. Il est surtout un chant d’amour à la littérature et à son pouvoir intemporel.
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