Monsieur Han, Hwang Sok-yong

144 pages, Editions Zulma, janvier 2017, 8€ 95.

Traduit du coréen par Mikyung Choi et Jean-Noël Juttet.

Quelle découverte que cet auteur coréen même si je savais qu’il est considéré comme un des plus grands auteurs asiatiques . Ce court roman est une merveille d’exploration de l’âme humaine, et celle de monsieur Han est bien pure pour le monde bouleversé dans lequel il essaie de survivre. C’est aussi un état des lieux sans concession d’un pays en décomposition, la descente aux enfers d’un professeur des hôpitaux, naïf, passionné par son métier. Son idéalisme se fracasse sur la corruption, la lâcheté et la veulerie des personnes qu’il rencontre.

Ce roman et cette rencontre avec Hwang Sok-yong est plus qu’un simple coup de cœur car, des semaines après avoir reposé le livre, je reste hantée par cette magnifique figure du docteur Han. Au point d’avoir enchaîné avec son roman Shim Chong, fille vendue dont je parlerai ultérieurement.

La vie de Hwang Sok-yong ( né en 1943) est aussi particulièrement romanesque, engagée dans de multiples combats pour la liberté des artistes, pour plus d’humanité notamment envers les plus humbles, les plus fragiles.

C’est un grand roman fascinant à découvrir !

Présentation de l’éditeur :

« À travers la descente aux enfers d’un homme écartelé par la division de son pays, brutalement séparé de sa famille, socialement déclassé, renié par le Nord et suspecté au Sud, partout indésirable, Hwang Sok-yong dit toute la cruauté d’une époque en folie qui pousse les êtres dans des voies sans issue. D’où l’émouvante beauté de son personnage, devenu emblématique.
Récit poignant, fulgurant, de l’existence d’un Candide pris malgré lui dans l’engrenage de l’Histoire, Monsieur Han est une œuvre majeure de la littérature coréenne contemporaine. »

Quelques mots sur l’auteur sur le site de l’éditeur :

« Né en 1943 en Mandchourie, où sa famille s’était réfugiée pour fuir les Japonais, Hwang Sok-yong se retrouve quelques années plus tard à Pyongyang, la cité rouge repeinte aux couleurs soviétiques, puis à Séoul, où il est surpris par la guerre de Corée. Avant de partir combattre au Vietnam, de rentrer au pays, et de se lancer dans d’autres luttes, au nom de la démocratie. De 1993 à 1998, il est expédié en prison pour avoir osé se rendre à Pyongyang, afin de soutenir les artistes du NordLorsque j’étais en détention, raconte-t-il, on n’avait pas le droit d’avoir un stylo bille. On m’a mis au cachot pendant deux mois pour avoir gardé secrètement un stylo. Je me suis battu énergiquement. J’ai fait dix-huit fois la grève de la faim. Certaines ont duré jusqu’à vingt jours. Hwang Sok-yong est un écrivain du défi. Un idéaliste dans un monde privé d’idéal. » André Clavel

4 Comments

  1. J’ai fait le chemin inverse en lisant d’abord Shim Chong, fille vendue puis les nouvelles Sur la route se Sampo. Une rencontre formidable pour moi aussi. Avec votre belle chronique je vais hâter ma prévision de lecture de ce Monsieur Han. Quel écrivain ce Hwang Sok-yong.

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