Shim Chong, fille vendue, Hwang Sok-yong

476 pages, Editions Zulma, mai 2018, lu sur Kindle, 9€ 99.

Roman traduit du coréen par Choi Mikyung et Jean-Noël Juttet.

A la suite du très beau roman Monsieur Han , j’ai lu Shim Chong, fille vendue. On peut considérer que c’est un roman historique puisqu’il se situe à la fin du XIXe siècle dans le sud de l’Asie où sévit un trafic d’enfants et d’adolescentes vendus pour satisfaire les appétits sexuels de mandarins chinois. Mais pas seulement car Shim Chong est vendue à plusieurs maîtres dans divers pays, allant du statut de concubine aux plus sordides maisons de prostitution, pour s’achever dans le milieu des geishas. Nous traversons de nombreux pays avec pour trame le juteux trafic d’opium. C’est une grande fresque historique qui rend de façon crue et violente l’atmosphère des villes que traverse la jeune fille.

Très rapidement on est saisi par l’intelligence de Shim Chong capable d’observer le monde dans lequel elle évolue et qui se donne toutes les chances qui s’offrent à elle pour améliorer son sort mais aussi celui de ses compagnes, plus fragiles. C’est vraiment un roman où cette jeune fille vendue irradie de bienveillance et de dévouement aux autres. Solidarité féminine, fidélité à la parole donnée, courage et souvent audace, sont les composantes de son caractère. Si, bien sûr, sa grande beauté lui permet de sortir du lot des prostituées, on note surtout cette capacité à s’adapter aux situations, capacité qui est la définition de l’intelligence, alliée à la volonté inébranlable de tirer le meilleur parti de celui d’une fille vendue.  

A l’origine l’histoire de Shim Chong est un très célèbre conte coréen auquel Hwang Sok-yong donne vie avec cette femme vraiment héroïque, dans un cadre historique et sociologique dépaysant pour nous Occidentaux, et qui renaît grâce aux recherches fouillées de l’auteur. Shim Chong est surtout une femme au travers de laquelle toutes les femmes peuvent se reconnaître et l’on sent toute l’empathie et l’admiration de l’écrivain pour la femme qu’il a créée. Il confirme dans ce roman qu’il est un écrivain de tout premier plan. 

Il est possible, sur le site de l’éditeur de lire un long extrait : ici

Présentation de l’éditeur : 

«  Nous sommes à la fin du XIXe siècle. En ces temps de disette et de corruption, la traite des enfants est un commerce qui alimente un immense trafic mafieux dans toute l’Asie du Sud-Est. Vendue adolescente, Shim Chong va connaître tous les aléas d’un négoce sexuel florissant, des rives du fleuve Jaune aux ports de Shanghai, Taïwan ou Singapour, de la prostitution la plus sordide à la haute courtisanerie des geishas. Son parcours initiatique s’inscrit de façon magistrale dans une impressionnante saga de la prostitution et des métiers de la séduction, à une période charnière où l’Asie, sur fond de guerre de l’opium et de trafic d’armes, s’ouvre aux impérialismes occidentaux. En romancier au souffle épique, fort d’un engagement qui l’apparente aux Zola, Dos Passos ou Soljenitsyne, avec sa vision aiguë du mouvement de l’Histoire, Hwang Sok-yong nous livre une somptueuse fresque romanesque. »

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