La vie tranquille, Marguerite Duras

216 pages, Editions Gallimard 1944, , Folio 1982, 6€ 90.

Une ferme, Les Bugues, près de Périgueux, où vit Françoise Veyrenattes dite Francou, entourée de ses parents, son frère, l’oncle Jérôme, Tiène. Drame, culpabilités, deuil, absence et éloignement, peuplent les pages d’un roman déjà très durassien pour cette longue nouvelle de jeunesse où se trouvent en germe tous les thèmes de son œuvre à venir. L’écriture aussiest déjà maîtrisée, avec ce rythme de phrase qui lui est propre, tellement reconnaissable, le mot pivot décliné dans la phrase qui se déploie.

Outre ses grands romans, j’avais aimé le recueil de nouvelles La Douleur. Depuis, je savoure chaque écrit de Duras.

Extrait :

 » On regarde la mer. A force de ne voir qu’elle on s’use contre elle, on use tout à fait ses quatre souvenirs. On sait quel délice d’ignorance va vous emporter. Je suis sûre qu’on pourrait en devenir folle. Mais on reste toujours entre ces quatre membres, ces bras, ces jambes si pleins de timidité, toujours. Et pourtant, à force de ne voir qu’elle, elle vous invite de plus en plus clairement dans son langage de sourde-muette à faire quelque chose de définitif. Peut-être à jeter toute votre pudeur, toute votre dignité en l’air comme une robe sale. Il faudrait oser se regarder soi-même jusqu’à danser une danse pour soi seule, me quitter moi-même jusqu’à me danser, danser devant moi le triomphe de mon ignorance absolue de moi et de mon ignorance de tout. « 

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