Mes séries préférées .2.

Dark, Série allemande de 2017, vingt-six épisodes sur trois saisons, produite par Baran Bo Odar, écrit par Jantje Friese, science fiction. Netflix.

2019, dans la ville de Winden, Ulrich Nielsen, policier enquête sur la disparition de son fils de douze ans. Les investigations vont dévoiler que tous les trente-trois ans l’histoire se reproduit démontrant un lien entre les années 1953, 1986 et 2019. On voyage dans le temps sans toujours comprendre complètement ce qui se passe, intrigué par la présence récurrente, à diverses époques de l’Etranger.

Ce qui j’ai le plus apprécié dans cette série de science-fiction, (parce que c’est loin d’être le cas de nombreux films ou séries de ce genre), c’est que tous les liens tissés, au fur et à mesure, trouvent une réponse claire dans le dénouement . Tout s’explique et devient limpide. Le scénario est d’une rigueur inouïe, ne laissant rien au hasard. Les réponses apportées satisfont toutes les interrogations du spectateur et rien n’est laissé dans le flou.

C’est, à mes yeux, la meilleure série du genre.

The Last Kingdom, série historique britannique de 2015, trente-six épisodes en trois saisons, adaptée des romans de Bernard Cornwell. Netflix.

Toute série historique réussie à mes yeux se vérifie très rapidement si je passe des heures à naviguer sur le Net à la recherche, pour approfondir, de documents sur le thème de la série regardée. En plus de me divertir, j’apprends beaucoup et j’aime cela. C’était le cas pour l’histoire de l’Angleterre au IXe siècle.

Dans ce qui va devenir l’Angleterre, la rivalité, l’hostilité et les guerres opposent les Saxons aux Danois au IXe siècle. Uhtred de Bebbanbur (incarné par Alexander Dreymon ), enfant de la noblesse anglo-saxonne, est enlevé par les Vikings puis élevé parmi eux. La série souligne bien la double culture qui est la sienne et le tiraillement entre ses origines et l’affection qu’il porte à sa famille scandinave qui l’a recueilli et traité comme leur propre enfant. Pendant ces longues années d’absence, son oncle a usurpé son domaine et son titre et Uhtred n’aura de cesse que de le reconquérir.

D’un point de vue historique, la série est passionnante avec la figure du roi Alfred qui r^éve de fonder un grand royaume chrétien et les personnages qui l’entourent. On assiste aux rivalités, aux intrigues et trahisons, avec Uhtred qui demeure le point central.

J’ai aussi regardé Vikings et si certains épisodes m’ont beaucoup plu, je préfère The Last Kingdom, plus crédible à mes yeux, moins ambitieux que Vikings mais, justement, donnant une sentiment de proximité avec le spectateur.

Roman Empire est une série documentaire de Richard Lopez et John Eale qui mêle documentaire et reconstitutions dramatiques sur trois saisons . Historiens et journalistes spécialisés sont convoqués pour éclairer les personnalités de Commode, Jules César et Caligula. Les interventions des historiens se mélangent habilement aux reconstitutions et j’ai parfois été étonnée de la vision particulière des spécialistes américains comme Jules César par exemple. S’il y a longtemps que l’on sait et répète que Brutus ne fut jamais son fils adoptif malgré la tradition française de répandre l’idée contraire, je ne serais pas si catégorique sur les raisons qui ont abouti à la Guerre civile qui l’opposa à Pompée. Ces trois saisons m’ont beaucoup intéressée, divertie et souvent amusée devant l’impeccable dentition et le physique hollywoodien des acteurs …

On est toujours émerveillé qu’avec les mêmes connaissances, des événements puissent être présentés de manière presque qu’opposée. Mais Paul Valéry n’a-t-il pas écrit que l’on peut faire dire ce que l’on veut à l’histoire ?

The Queen’s gambit, mini-série américaine de Scott Frank et Allan Scott, 2020, de sept épisodes sur Netflix.

Doit-on encore présenter cette série qui est acclamée à juste titre ? Tout y est parfait et réjouissant pour l’œil et l’esprit. En effet, la filmographie est en permanence digne des plus grands noms de la photographie, chaque plan souligne un parti pris esthétique épatant. La reconstitution historique, l’ambiance, la musique choisie, montre l’exigence des créateurs de livrer un film irréprochable. Le choix de l’actrice est aussi pertinent : sans être une beauté selon les stéréotypes hollywoodiens, Anya Taylor-Joy crève l’écran par son jeu subtile , en incarnant Beth Harmon et lui donnant une évolution psychologique crédible.

On peut ne rien connaître, ce qui est mon cas, aux règles du jeu des échecs, cela ne change rien. L’envoûtement opère et sans vouloir dévoiler la fin, j’ai particulièrement apprécié le flou artistique du dénouement. C’est astucieux et cela rend hommage à une nation pour laquelle le jeu des échecs est, avant tout un jeu du peuple et non celui d’une élite comme en Occident.

Stranger, (Secret forest pour titre international) est une série sud-coréenne de 2017, conçue par Lee Soo-yeon, comprenant deux saisons pour un total de trente-deux épisodes.

Cette série évoque la corruption des certains magistrats, policiers et politiques en Corée du Sud avec deux personnages principaux, le procureur  Hwang Shi-mok (Cho Seung-woo) et  Han Yeo-jin (Bae Doona) la policière. Ils s’attaquent au péril de leur vie et surtout de leur carrière à de très hauts personnages qui n’hésitent pas à recourir aux meurtres pour sauver leurs activités délictueuses.

Quelle découverte passionnante ! J’avais lu que le bon livre policier actuel n’est plus scandinave mais coréen et il est vrai que cette série égale et dépasse de beaucoup ce qui est produit aujourd’hui en Occident dans le genre. D’emblée, les personnages sont campés avec une profondeur psychologique très aboutie, les liens et ramifications entre les personnages sont dévoilés au goutte à goutte ce qui maintient un remarquable suspense mais aussi, le regard critique et acéré de Shi-mok et Yeo-jin ajoute une analyse sans concession de la société sud-coréenne. Pourtant les épisodes ne manquent pas d’humour, d’auto-dérision, mais en l’absence d’une connaissance pointue de la Corée, privent les Occidentaux d’en savourer tous les aspects.

C’est pourquoi il faut mettre en garde le spectateur qui ne connait guère la Corée, son histoire, sa langue. Déjà, la première difficulté se rencontre dans la mémorisation des noms. Noms à trois noms, patronyme en premier. On mélange tout si l’on n’a pas de quoi noter rapidement. Si, de plus, comme je l’ai fait, on suit les épisodes dans la langue d’origine et que l’on lise les sous-titres, on se perd pas mal et surtout, on ne profite guère de l’excellence de l’interprétation des acteurs, même dans les seconds rôles. Combien de retours en arrière ai-je dû faire pour bien comprendre la situation! Sans me décourager. Au contraire, j’ai passé, à la toute fin de la série, des heures et des heures à lire l’histoire de la Corée, et surtout l’évolution de sa langue qui est fascinante. Là encore, j’ai beaucoup appris et je compte bien rencontrer d’autres auteurs, écrivains, poètes et cinéastes coréens. Que d’enrichissements à porter d’un clic !

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