La Dernière nuit du Raïs, Yasmina Khadra

192 pages, Editions Pocket, 6€50.

Présentation de l’éditeur :

« Nuit du 19 au 20 octobre 2011.
Mouammar Kadhafi, acculé par les rebelles déterminés à libérer la Libye, a trouvé refuge à Syrte. Avec le jour, viendra la mort.
Entouré d’une poignée de fidèles, le dictateur s’accroche à ses lubies et fantasmes. Lui, l’Élu de Dieu, Guide légitime de la nation, ne peut être renversé. Incapable de voir l’inconcevable réalité de sa fin, il court à sa perte.
Et le tyran se souvient de son ascension et raconte ses dernières heures de tension. Qu’il semble loin l’écho de la gloire passée. La ferveur du peuple est un chant de sirènes… »

C’est mon premier contact avec l’œuvre de Khadra et je dois dire que j’ai été épatée par ce récit. Le choix du sujet, en soi, était délicat. Comment accrocher l’attention du lecteur avec les dernières heures d’un tyran en choisissant , en plus, une narration à la première personne qui nous plonge dans les souvenirs de Kadhafi, son règne, son narcissisme délirant ? Eh bien, Khadra réussit ce tour de force dans un récit passionnant. Kadhafi, entouré des derniers fidèles, est retranché dans une école désaffectée de Syrte sous le feu incessant de la coalition internationale et d’Al Qaïda. Lui, sorti du désert de sa tribu bédouine, repasse sa vie, du coup d’état chassant le roi en septembre 1969, le portant au pouvoir à l’âge de vingt-sept ans, à son règne sanguinaire et les attentats terroristes qu’il a perpétrés, jusqu’à sa chute, la nuit du 19 au 20 octobre 2011.

La servilité des courtisans qui l’entourent ne l’amène que très tardivement à se questionner sur la haine des Libyens pour lui, le Raïs, le Frère-Guide. A travers le personnage attachant du lieutenant-colonel Trid, qui est le seul à oser lui parler franchement, Kadhafi entrevoit l’issue fatale pour lui de cette chasse à l’homme.

Bien au-delà du portrait de Kadhafi , c’est l’archétype du tyran qui est dépeint. Homme amoral, aveugle et sourd, ivre de lui-même et de sa puissance dont on sait pourtant, en se penchant sur l’histoire depuis l’Antiquité, que peu d’entre eux meurt tranquillement dans un lit.

Par petites touches successives tout au cours du roman , l’évocation du peintre Van Gogh prend sa signification à la toute fin du roman. Cette seule et intrigante référence à la culture occidentale est habilement exploitée pour le plus grand bonheur du lecteur.

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