Ça raconte Sarah, Pauline Delabroy-Allard

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Lu sur Kindle, 188 pages, Editions de Minuit, 6 septembre 2018, 10€99. Rentré littéraire 2018

Présentation de l’éditeur :

 » Ça raconte Sarah, sa beauté mystérieuse, son nez cassant de doux rapace, ses yeux comme des cailloux, verts, mais non, pas verts, ses yeux d’une couleur insolite, ses yeux de serpent aux paupières tombantes. Ça raconte Sarah la fougue, Sarah la passion, Sarah le soufre, ça raconte le moment précis où l’allumette craque, le moment précis où le bout de bois devient feu, où l’étincelle illumine la nuit, où du néant jaillit la brûlure. Ce moment précis et minuscule, un basculement d’une seconde à peine. Ça raconte Sarah, de symbole : S. « 

C’est un roman dont j’avais lu beaucoup de critiques élogieuses même si le thème , une histoire d’amour, ne me tentait guère… Qu’y a-t-il de plus périlleux pour un écrivain que ce thème ? Le titre qui joue sur le son et le sens dans une paronomase amusante dispose agréablement à une lecture attentive.

Hélas, on s’arrête là ! Ma réception de ce court premier roman (188 pages) ne va pas s’ajouter au concert d’éloges lues. Toutefois, quelques voix commencent à s’élever et rejoignent ma critique. Si le roman se lit rapidement, une fois refermé, il ne reste strictement rien. C’est sans saveur, plat, bourré de clichés. On dirait une recette concoctée pour les prix littéraires : amour saphique, héroïne bohème-chic, des pincées d’érotisme, la maladie, le désamour, Venise (mais si ! on ose cet ultime cliché ) Trieste.

Le roman se divise en deux parties évidentes pour ce thème : la rencontre et l’amour, puis la seconde partie: le désamour puis la rupture. Dès la première partie, cette histoire peine à intéresser.  Le personnage de Sarah, musicienne bohème, enferme le roman dans le stéréotype très parisien du bobo. Elle apparaît aux yeux du lecteur comme fantasque, égoïste, capricieuse, bref inconsistante et détestable.  Malgré  les efforts du narrateur, elle ne prend jamais corps, jamais vie. L’écriture est agaçante par ses phrases qui bégaient, qui se complètent après des répétions . Le mélange de niveaux de langue courant puis carrément vulgaire est désastreux, artificiellement plaqué. Et que dire des passages didactiques qui semblent directement copier de Wikipedia ?!

Bref , à éviter. Il y a quelques belles réussites dans cette rentrée littéraire 2018. Maintenant, il faut beaucoup d’imagination et de contorsions pour oser comparer ce livre à ceux de Duras … Avons-nous besoin d’épigones ?

 

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