L’Orange mécanique, Anthony Burgess

ornage

paru en 1962.

304 pages plus un glossaire bien utile pour rentrer le nadsat. 9€

Nouvelle traduction de Georges Belmont et Hortense Chabrier.

Bien que le titre soit devenu culte et passé à la postérité en 1971 grâce à la formidable adaptation de Stanley Kubrick, peu de gens ont, en réalité, lu le roman de Burgess. Et pour cause! Il présente une difficulté majeure puisque le narrateur parle le plus souvent le nadsat , mélange d’argot cockney, de parler romani, c’est à dire le patois manouche, et de russe, guerre froide oblige. D’où l’intérêt du glossaire qui facilite l’entrée dans l’oeuvre. On oublie trop souvent que Burgess, s’il a enseigné la littérature, est surtout un linguiste de formation. J’avais lu le roman durant mes études, sans grand enthousiasme, préférant nettement Le Royaume des Mécréants. Cette nouvelle traduction, découverte en flânant dans une librairie m’a donné envie de me replonger dans l’enfer organisé par Alex et ses drougs.

Le héros , le très jeune délinquant Alex n’est plus à présenter ni la société futuriste (si peu aujourd’hui!) dans laquelle il commet les pires forfaits. Les thèmes que sont son emprisonnement, sa rééducation, sa libération sont archi connus. Burgess pose les questions philosophiques du Bien, du Mal et surtout du libre arbitre de l’homme dans les choix qu’il doit affronter au cours de sa vie. C’est aussi une satire réjouissante des institutions, des anarchistes, des croyants. L’humour est corrosif, le cynisme omniprésent. La mise en abyme de l’auteur écrivant L’Orange mécanique, de son passage à tabac et du quadruple viol de son épouse (qui entraînera sa mort) , pétrifient d’horreur lorsque l’on sait que Burgess a vécu cela. Je reste époustouflée de la distance qu’il a réussi à mettre entre ce drame intime de sa vie et son passage à l’écriture romanesque de cet épisode. J’ai aussi beaucoup apprécié la distorsion qu’il peut y avoir entre les exactions commises par Alex et son goût élitiste et raffiné pour la musique classique.

Cette dystopie est une oeuvre de tout premier ordre, qu’on ne peut lâcher avant d’en connaître la fin. Il ne faut que quelques pages pour rentrer dans cette langue et suivre Alex et ses drougs. Ensuite, on a la certitude de lire une oeuvre magistrale.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s