Gloire tardive, Arthur Schnitzler

gloire tardive

Später Ruhm, traduction de Bernard Kreiss, postface de Wilhelm Hemecker et David Österle.

Je n’aime pas vraiment les « inédits » exhumés des tiroirs des écrivains qui, de leur vivant n’ont pas trouvé bon de publier certains textes. Mais ici, le cas est différent. Cet inédit provient du fonds posthume de l’auteur qui fut sauvé de l’autodafé public nazi grâce au consul britannique à Vienne qui fit poser des scellés de l’Etat britannique sur le local qui contenait les œuvres de Schnitzler, lors de l’Anschluss. Ce manuscrit portait, de la main de son auteur, « bon pour la publication ».

Ainsi, j’ai pu lire  cette nouvelle de 140 pages, sans l’impression gênante que l’on avait violé les dernières volontés d’un défunt. C’est même le contraire puisque Arthur Schnitzler, par voie testamentaire, a autorisé son fils à publier tout ce qui lui paraîtrait intéressant.

On retrouve dans cette nouvelle, cette Vienne, haut lieu de la culture, son effervescence artistique avec le cercle de jeunes poètes, nommé Exaltation. Un de ses membres, Meier, a pris contact avec un vieux fonctionnaire qui avait publié un recueil de poésie Promenades, plus de trente ans auparavant. Depuis, happé par la routine de sa vie de fonctionnaire de l’état et, certainement découragé par l’insuccès de sa poésie en son temps, le vieux Edouard Saxberger n’a plus rien écrit. Meier, dithyrambique sur le talent ignoré du vieil homme,  l’introduit dans son cercle où Saxberger est fête à la hauteur de l’admiration que ces jeunes poètes lui vouent. Une soirée littéraire est décidée pour se faire connaître du grand public et Saxberger est prié d’écrire un nouveau poème…

A des thèmes graves comme le conflit entre création et vie bourgeoise, comme la sincérité et l’opportunité ou la vanité, Schnitzler sème des touches de gaîté, de moquerie, de légèreté. La chute de la nouvelle surprend et soulage.

 » L’air qui afflua à sa rencontre sentait la bière, la fumée et la cuisine. Les voix familières s’entremêlaient, sonores et ponctuées de rire. Et il lui sembla qu’il rentrait chez lui après un court et pénible voyage, dans une maison qu’il n’avait jamais aimée mais où il retrouvait la sourde et molle quiétude d’antan. Il sentait qu’il ne voulait plus autre chose, qu’il n’avait plus besoin d’autre chose. »

 

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