La Fortune des Rougon, Zola

rougon

 

Le programme de l’agrégation de lettres met le premier tome des Rougon-Macquart à l’honneur. On se souvient de ma réticence envers Zola (son style , surtout) en dehors de La Curée qui m’avait passionnée.

La Fortune des Rougon est donc le volume qui inaugure la grande saga de cette famille et de sa laborieuse ascension sociale dans la ville de Plassans. A l’origine Adélaïde épouse Théodore Rougon dont elle a un fils , Pierre, qui donnera naissance à la branche légitime. A la mort de son mari, elle aura deux enfants, Antoine et Ursule,  d’un braconnier, Macquart, qu’elle aime d’une telle passion que sa mort la rend folle  . Ursule par son mariage donnera naissance à la branche  Mouret , avec le merveilleux personnage de Silvère, j’y reviendrai.

C’est donc passionnant de plonger dans ce monde sans pitié où la cupidité de Pierre et son épouse parvient à dépouiller tous les membres de cette famille. La peinture sociologique de la bourgeoisie et du monde ouvrier rappelle l’admiration de Zola pour le génie du maître Balzac. Les événements du coup d’état de Napoléon III, 2 décembre 1851,  contre la République, le soulèvement des paysans et ouvriers de Provence,  constituent une toile de fond historique que j’ai vraiment aimée.

Enfin, pour ne pas trop en dire sur l’intrigue, je me suis attachée à quatre personnages. Tout d’abord Adélaïde, appelée Tante Dide,  fondatrice des deux dynasties Rougon et Macquart, son courage d’avoir vécu, aux yeux de tous, sa passion pour Macquart qui la mène à la folie, en font un personnage bouleversant digne d’une tragédie.  Ensuite, Silvère, son petit-fils, lui aussi rejeté et abandonné,  qui sait l’aimer dans ce silence digne et éloquent des pauvres gens. Pascal, le fils médecin de Pierre Rougon, qui, par un pur bonheur génétique, l’innéité, (concédons cela à Zola),  n’a hérité d’aucunes tares familiales et trouve son bonheur en se consacrant au plus pauvres. Et bien sûr, le magnifique personnage de  Marie, surnommée Miette. On voit le clin d’œil de Zola à Hugo puisque Miette est orpheline, fille de bagnard, exploitée  par un oncle dans des travaux de force à la ferme, dont elle s’acquitte avec courage. Une Cosette de treize ans qui trouve dans le jeune Silvère de quinze ans, l’amour le plus pur, le beau. On pourrait dire que leur histoire fonctionne à part, comme une mise en abyme, un roman dans le roman, en quelque sorte.

Il faut lire ce tome fondateur car il est vraiment passionnant par la reconstitution d’une époque,  ses mentalités, avec des personnages qui ne sont pas encore dénaturés par l’obstination de Zola à vouloir appliquer à la littérature les thèses scientifiques de Taine.

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