Le Temps retrouvé, Marcel Proust

proust Lu sur Kindle, gratuit.

 

Céleste Albaret, (ici) m’a donné envie de reprendre la lecture de Proust , toujours abandonnée au bout d’une centaine de pages. J’ai entrepris le dernier tome de La Recherche et je m’en félicite. Dans ce tome ( on dira  » tome  » par commodité, même si Proust nomme comme un seul et unique « roman » l’ensemble de son oeuvre. Rien à voir avec les différents romans de La Comédie humaine, par exemple.) le Narrateur se concentre sur l’explication du déclic, vécu dans la bibliothèque du duc de Guermantes, sur ce que serait son oeuvre littéraire.

Pour être franche, il y a une vingtaine de pages sur la création artistique, en général, assez difficiles. Mais tout le reste est une pépite. Comprendre le mécanisme de la recherche du Temps passé rappelle les belles pages de Chateaubriand sur la grive de Montboissier. J’ai apprécié l’hommage appuyé à Chateaubriand car, la madeleine est fille de la grive. Cette plongée au plus profond de soi-même est théorisée mais nullement ennuyeuse.

Et puis, dans le salon de la duchesse de Guermantes, ces descriptions, au scalpel,  de gens connus, mais rendu méconnaissables par l’outrage du temps, sont savoureuses, drôles, sans pitié. Très amusantes aussi, les réflexions du Narrateur, qui, après avoir fait lecture de quelques passages de son livre, se rend compte que personne n’a compris sa démarche. Ses amis pensent qu’il s’est muni d’un microscope pour reconstituer le passé, alors qu’il revendique avoir tout regardé à travers un télescope !

Les notations sur la maladie, l’amour, la mort, m’ont profondément touchée. Peut-être faut-il avoir vécu pour lire et savourer Proust ?

 » Car je comprenais que mourir n’était pas quelque chose de nouveau, mais qu’au contraire depuis mon enfance j’étais déjà mort bien des fois. […] Ces morts successives, si redoutées du moi qu’elles devraient anéantir, si indifférentes, si douces une fois accomplies, et quand celui qui les craignait n’était plus là pour les sentir, m’avaient fait, depuis quelques temps comprendre combien il serait peu sage de s’effrayer de la mort. »

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