Monsieur Proust, Céleste Albaret

 

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C’est une réédition, quarante ans après sa parution,  du témoignage de la gouvernante de Marcel Proust, recueilli  par Georges Belmont. Céleste avait refusé toute sa vie de s’exprimer sur son maître et, ce n’est qu’arrivée au grand âge qu’elle a souhaité rectifier toutes les erreurs (volontaires ou non) écrites sur Marcel Proust. Céleste, dont Proust disait que son prénom à lui seul la contenait toute entière, est arrivée, de son village, à vingt-deux ans à Paris, pour y vivre avec son mari, le chauffeur de Proust. Elle restera dix ans auprès de lui, la période où il rédigea La Recherche, lui sacrifiant sa vie, car, on s’en doute, M. Proust ne vivait comme personne et ses exigences, poussées jusqu’à la tyrannie, ne pouvaient être acceptées que par une personne à son entière dévotion. ( Amusant, j’avais écrit « dévoration »…)

Cela ressemble à une histoire d’amour. Céleste ne vit que pour M. Proust, pour lui permettre d’accomplir ce, elle n’en doute pas, qui devait devenir une « cathédrale », métaphore utilisée par l’auteur, dans la littérature. Proust apprécie Céleste qui deviendra « Françoise », par bien des traits, dans La Recherche et reportera nombre de ses « bons mots ». Elle est son lien avec l’extérieur et le protège du monde extérieur. Tout repose sur elle. Elle ne s’étonne de rien mais dit toujours ce qu’elle pense.

Etonnants liens entre cet intellectuel et cette paysane dont on sent qu’elle a tout appris à son contact, qui parle avec finesse et admiration de l’oeuvre du maître. Et que de célébrités il lui a été donné de refouler de l’appartement de Proust!

Il y a longtemps que j’avais renoncé à lire Proust. En fait, depuis l’université. Souvenir cuisant de Du côté de chez Swann. Céleste m’a donné envie de m’y plonger et de respirer, savourer cette époque disparue.

C’est un beau livre car le plus important, à mes yeux, n’est pas de savoir si Céleste a connu le « vrai Proust », en vivant dix années, heure par heure avec lui, mais, c’est plutôt la poignante fidélité, l’intacte admiration, la ferveur du portrait qu’elle nous renvoie.

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